La danse des licenciements reprend chez Xbox

Le jeu vidéo ne perd rien de sa réputation de secteur impitoyable, dans lequel le succès ne signifie par forcément pérennité.
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Depuis quelques mois, la tendance était montante pour Xbox. Changements de stratégie forts, baisse du prix du Game Pass, nouveau logo, pied mis dans la porte de la génération de consoles suivante. La nouvelle présidente du groupe avait le front en poupe auprès des joueurs et de la sphère en général. 

Une tendance confirmée par Xbox Game Showcase de haute volée la semaine dernière. Sans refaire tout le résumé (parce qu’il est dispo ici), on garde des annonces fortes, des mises à jours bienvenues et concrètes sur des projets en cours et aussi une intention claire de retour progressif à l’exclusivité de certains jeux, stratégie qui a fait ses preuves pour d’autres constructeurs. 

Impitoyable

Quelle ne fut donc pas notre déception d’apprendre en début de semaine que le constructeur américain s’apprêtait à fermer plusieurs studios phares de son éco-système. D’abord présenté comme une rumeur par Bloomberg et The Verge, la nouvelle s’est très rapidement propagée. 

En haut de la liste se trouvent Compulsion Games (We Happy Few, South of Midnight), Double Fine (Psychonauts 1&2, Kiln), Ninja Theory (Senua, Hellblade) et possiblement même Arkane Lyon (Prey, Dishonored, Deathloop, Marvel’s Blade). Vous remarquerez que tous ces studios partagent un point commun : ils ont tous sortis des jeux bons, voire excellents. Et si certains ce des projets ne font pas l’unanimité, ils ont le mérite de tenter quelque chose et de faire avancer le medium qu’est le jeu vidéo. 

We Happy Few et South of Midnight n’ont pas fait l’unanimité critique, mais restent des expériences à la qualité indéniable. Psychonauts 1&2 sont des trésors de narration et d’exploration thématique des problèmes psychologiques, la saga Hellblade est à la pointe de l’industrie sur plusieurs aspects techniques mais aussi dans sa narration, et Arkane Lyon et son pedigree dans le genre de l’immersive simulation ne sont plus à prouver tant le studio à participé à l’établissement des meilleures licences du genre. 

Le problème, c’est que la plupart de ces projets ne sont probablement pas jugés profitables par Microsoft. Les jeux sont longs et onéreux à développer, pour peu de retour sur investissement. D’après ceux responsables des rumeurs, plusieurs de ces studios sont actuellement en négociations pour, à défaut de fermer complètement, racheter leurs indépendances respectives auprès de Microsoft. Cependant, même si un tel sauvetage est accepté, les rachats entraîneraient malgré tout plusieurs licenciements au sein de ces studios. 

Fausse annonce

Un peu plus tard, l’une des maisons touchées par les rumeurs a confirmé officiellement sas fermeture. En effet, Ninja Theory va mettre la clé sous la porte. Et oui, quelques 8 jours après l’annonce de Senua au grand public au sein du Xbox Game Showcase. D’après certaines sources, la bande-annonce montrée à ce moment là était une ultime tentative de Microsoft d’attirer de potentiels investisseurs, expliquant au passage le virage très action de la licence jusque-là orientée beaucoup plus vers le narratif. 

Il est théorisé que le reste des fermetures sera « annoncé » officiellement cet été, au début du mois de juillet, juste après la fin de l’exercice financier de l’entreprise. En plus du groupe déjà mentionné, davantages de studios pourraient aussi être remerciés, même si la teneur de ces rumeurs est bien moins fiable. 

Autant de nouvelles qui tombent peu de temps après que la nouvelle PDG de Xbox évoque récemment une « restructuration » de l’entreprise, ce qui laissait pressentir une ou plusieurs vagues de licenciements, et ça n’a pas loupé. Les montagnes russes reprennent donc pour Xbox qui, fort d’un très bon Direct, et d’une tendance jusque là positive, replonge dans ses travers.

Personne n’est à l’abri

On commence aussi ici à voir les effets dévastateurs de la consolidation de l’industrie entamée il y a quelques années avec les rachats par ses plus grands acteurs de plusieurs studios. Microsoft et ZeniMax / Bethesda, puis Activision, Sony et Bungie… 

D’ailleurs, ce dernier devrait lui aussi subir une vague de licenciements après que sa poule aux œufs d’or, Destiny 2, n’ait reçu son ultime contenu au début du mois de juin. Sans le besoin d’entretenir Destiny, et avec Marathon qui coûte moins cher à produire, c’est la suite logique des choses. 

A voir si les studios affiliés à Sony subiront aussi le même sort. On sait certains lieux relativement pris par le développement de leurs projets (Bend Studios par exemple), et avec la fermeture de Bluepoint un peu plus tôt cette année, même l’excellence ne semble pas être à l’abri du couperet exécutif. 

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