Il y a une dizaine de jours, le compte twitter « Does it Play », spécialisé dans la préservation vidéoludique a publié ce post :
« Enorme souci de DRM potentiellement déployé sur PlayStation (et Xbox parait-il). Tous les nouveaux achats sur le PlayStation Store ont désormais un compte à rebours de licence de 30 jours. On enquête pour en savoir plus. »
Pour reformuler, après chaque nouvel achat sur votre PlayStation, il faudrait reconnecter la console à internet une fois tous les mois, ou bien la licence de votre jeu, ce qui vous permet d’y jouer, serait révoquée, au moins jusqu’à la prochaine fois que vous vous connectez. Une mesure qui a naturellement déclenché un tollé sur les réseaux. Mais sans réponse immédiate de Sony, la spéculation était de mise.
C’est quoi le DRM ?
DRM pour Digital Right Managements, ou Gestion des droits numériques / digitaux, ce sont les moyens avec lesquels les ayants droits contrôlent l’utilisation faite des œuvres numériques.
Sous couvert des arguments de protection des droits d’auteur de la propriété intellectuelle des auteurs, réalisateurs, musiciens et autres artistes; le DRM est aussi mobilisé par des entreprises et ayant droits pour mieux contrôler ce à quoi leurs utilisateurs ont accès, comme c’est le cas dans notre affaire aujourd’hui.

Le DRM peut-être utilisé pour bloquer l’accès à du contenu selon la zone géographique, des paramètres démographiques, verrouiller l’accès à un constructeur ou vendeur spécifique… Bref, les excès de pouvoir sont multiples.
Dans le cas de Sony et PlayStation, il serait exploité pour forcer les joueurs à connecter la console à internet un minimum d’une fois par mois pour maintenir les licences de leurs bibliothèque de jeux actives. Une restriction plus lourde que réellement handicapante pour nous, mais qui peut être un vrai enfer dans des endroits où une connexion internet serait moins accessible.
Se tirer une balle dans le pied
Le bât blesse d’autant plus que ce genre de mesure avait été présenté par Xbox lors de la génération précédente de console, en 2013, évidemment reçue avec de vives réactions aussi à cette époque. Sony avait pris le contre-pied en taclant Microsoft avec une publicité mettant en scène des exécutifs montrant comment « partager un jeu sur PlayStation ». Les deux hommes se passaient simplement le disque. Habile, mais sacrément ironique lorsque remis dans le contexte de cette crise.
Quoiqu’ici, PlayStation n’est pas entièrement illégitime. En effet, plus d’un petit malin utilisait l’absence de restriction pour arnaquer l’accès à un jeu. Le procédé était le suivant :
- Acheter le jeu sur le PlayStation Store
- Le télécharger sur sa console
- Faire une demande de remboursement
- Déconnecter la console d’internet avec le jeu remboursé mais téléchargé
- Jouer au jeu sans licence valide
Une manip’ contre laquelle Sony n’avait pas de réelle solution, jusqu’à l’introduction de cette vérification mensuelle.
Et au final ?
Pendant ces quelques jours de tumulte, un parti s’est fait très discret : Sony. Ayant finalement pris la parole à la toute fin du mois d’avril, le constructeur a clarifié ses intentions dans un communiqué transmis à GameSpot.
En réalité une seule et unique vérification sera nécessaire pour confirmer la licence, une mesure spécifiquement prise pour contrer la pirouette des remboursements. Ceci mis de côté, les joueurs seront capables de profiter de leurs jeux sans interruption.

Sachant que la console doit au moins être connectée pour acheter et télécharger le jeu, la mesure ne devrait pas poser autant de problèmes que beaucoup le pensaient. Mais la levée de boucliers générale reste importante. En manifestant le mécontentement de la communauté, les consommateurs revendiquent leurs droits à l’accès et à la propriété de ce genre de produit numérique.
Et puis si vous ne sentez pas le DRM, faîtes comme nous et continuez d’acheter les jeux en version physique 🙂