Sommeil Connecté : le quantified-self à la rescousse de nos nuits

Sommeil Connecté : le quantified-self à la rescousse de nos nuits

Publié par le dans Sciences
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La durée et la qualité de nos nuits se détériore d’année en année et de manière constante depuis plusieurs décennies. Stress lié au mode de vie, alimentation, manque d’exercice, surexposition aux écrans : les coupables sont nombreux. Une étude publiée en 2019 par Santé Publique France est venue une nouvelle fois tirer la sonnette d’alarme : les Français dormiraient en moyenne une heure de moins qu’il y cinquante ans. Pire encore, il semblerait que ce déclin quantitatif s’accélère puisque d’après une précédente étude publiée seulement 9 ans, en 2010 toujours par Santé Publique France, les Français dormaient en moyenne 7h13 contre seulement 6h42 aujourd’hui.

Un examen plus détaillé des résultats de ces études n’est pas spécialement plus rassurant puisque l’on constate également une baisse globale de la qualité du sommeil, avec notamment des réveils nocturnes et des troubles du sommeil chroniques, comme l’insomnie, de plus en fréquents. Un constat d’autant plus inquiétant quand l’on sait que le sommeil est un processus intervenant dans de nombreuses fonctions critiques, notamment dans la régulation de l’humeur, du système immunitaire, du poids, etc.

C’est donc tout naturellement qu’un « marché » du sommeil de mauvaise qualité a vu le jour, et ce dernier n’a pas été épargné par la vague de fond du quantified self qui submerge nos sociétés depuis quelques années.  Arrivée en 2007 de Californie – comme toute bonne trend high-tech– le personal analytics comme on l’appelle parfois également, combiné au phénomène de fond du déficit de sommeil a donnée naissance à l’un des marchés de niche de l’IoT les plus en effervescence du moment.

On ne compte plus les startups venues disrupter notre façon de dormir, de s’endormir et ou d’en mesurer quantité et qualité. Et comme toujours lorsque l’on mélange santé et technologie, de nombreux objets et concepts borderlines ont fleurit sur les plateformes de crowdfunding, naviguant en eaux troubles entre promesses marketing un peu trop « optimistes » et franche charlatanerie. Il ne faut toutefois pas jeter le bébé avec l’eau du bain, car certaines startups ont consciencieusement mis au point de nouveaux dispositifs constituant de véritables petites révolutions au pays des rêves, mises à l’épreuves scientifique à l’appui. D’autres encore ont su revisiter de vieux concepts pour en décupler l’efficacité ou en démocratiser l’usage.

Il est toutefois important de noter à ce stade que les progrès en la matière se situent plutôt du côté quantified que du côté self ou pour le dire plus simplement : s’il est désormais aujourd’hui aisé de “monitorer” précisément ces « performances » nocturnes à l’aide de capteurs, il reste encore difficile d’agir efficacement sur les troubles et dis-fonctionnements, en tout cas à l’aide d’objet et de techniques accessibles au grand public.

Une amélioration moins anecdotique qu’il n’y parait car il est devenu aujourd’hui bien plus simple de détecter des troubles du sommeil importants autrefois très peu ou très mal diagnostiqués. On pense ici bien sûr à l’apnée du sommeil mais de nombreuses autres pathologies, souvent évitables lorsque détectées à temps sont maintenant diagnosticables à domicile et sans appareillage lourds.

Lampes de luminothérapie, cohérence cardiaque et respiration : des classiques revisités à l’heure du tout connectée

La luminothérapie est un traitement relativement ancien puisqu’il prend ses racines au début du XXème siècle. Longtemps dénigrée car assimilée à des pratiques pseudo-scientifiques, la luminothérapie a connu un véritable retour en grâce au milieu des années 80 avec la publication au Etats-Unis de véritables études scientifique robustes, attestant de son efficacité pour traiter la dépression saisonnière.

Si des études des décennies suivantes viendront confirmer son efficacité pour traiter une véritable collection de troubles liés au sommeil et à la dépression, son usage restera toutefois confidentiel et limité au cadre hospitalier pendant de nombreuses années.

Il faudra attendre 2010 et la vague du quantified self pour que l’on voit débarquer des lampes de luminothérapie connectées, pilotables via une app et destinées au grand public. Emboitant le pas, les ténors du marché comme l’allemand Beurrer mais surtout Philips, ont sautés dans le train en marche et proposent aujourd’hui toute une gamme de lampe de luminothérapie connectées et pilotables via un smartphone.

Même si l’aspect connecté sur ce type d’objet reste presque anecdotique, le fait de pouvoir piloter et programme sa lampe depuis son smartphone a sans doute été pour beaucoup dans la démocratisation de la luminothérapie. Les application des meilleurs modèles permettent en effet de monitorer de nombreuses données, données qui prendront tout leur sens lorsque couplées, par exemples – aux données d’un tracker de sommeil et/ou d’une application de monitoring de l’activité physique.

Si la luminothérapie traite les troubles du sommeil dans le cadre particulier de la dérégulation des rythmes circadiens des individus, on voit également d’autres outils et appareils se faire une place sur le marché du « bien-dormir ». Ces produits vont assumer une approche différente du problème, et s’attaquer notamment à la question de l’insomnie en offrant aux utilisateurs une alternative naturelle à la prise de somnifères.

En réinvestissant des techniques anciennes de relaxations telles que la sophrologie et la cohérence cardiaques, les différents acteurs cherchent à agir sur les causes centrales de l’insomnie : le stress et l’anxiété. Pour ce faire, de multiples acteurs vont proposer des applications et des articles innovants et astucieux où techniques de relaxation traditionnelles vont se voir associées aux technologies les plus actuelles et s’intégrer habilement dans un cadre quantified-self. Deux exemples avec Respirelax et Dodow :

Respirelax : La sophrologie connectée

Respirelax est une application développée par les Thermes d’Allevard et qui exploite des techniques de sophrologies pour permettre à ses utilisateurs d’atteindre un état particulier que l’on appelle la « cohérence cardiaque ». Les utilisateurs vont être ici poussés, par des consignes simples mais précises, à maitriser et moduler leur respiration. En rendant celle-ci plus lente et plus profonde jusqu’à parvenir à un rythme moyen de 6 cycles d’inspiration-expiration pour une minute, on permet au cœur de se mettre en « résonance » avec la respiration et d’induire par là un effet relaxant.

Pour y parvenir, l’application comprend un programme d’entrainement qui permettra aux débutants de maitriser progressivement leur respiration. L’application s’est également dotée d’un mode de test afin de s’adapter à tous les profils, puisque selon l’individu, le rythme respiratoire requis pour atteindre cet objectif peut légèrement varier. Recommandés par le corps médical, notamment pour leurs bienfaits sur le système cardiovasculaire, ces exercices sont également prescrits aux personnes qui présentent des difficultés d’endormissement dues au stress ou à l’anxiété.

Dodow : technologie, déconnexion et cohérence cardiaque

Toujours pour pousser les utilisateurs à l’état de cohérence cardiaque, ce afin de faciliter leur endormissement, Dodow est un appareil innovant et à contre-courant en cela qu’il est un représentant de ce qu’on pourrait appeler la « technologie de la déconnexion ».

Il s’agit d’un objet simple, bien pensé mais non connecté qui prend le parti de ne pas s’intégrer dans une logique de quantified-self. Pendant 8 minutes, l’appareil va pousser les utilisateurs à moduler leur respiration afin de ralentir leur rythme cardiaque dans le but de les plonger dans un état de relaxation propice à l’endormissement. Pour ce faire, l’utilisateur de Dodow devra adapter sa respiration au rythme d’une lumière douce et bleutée projetée au plafond.

Dodow est un appareil volontairement simple et déconnecté. Pour cette raison, il est dépourvu de certains outils que l’on peut retrouver sur l’application Respirelax. Il n’y a pas ici de programme d’entrainement et les exercices de sophrologie ne sont pas adaptables en fonction de l’utilisateur. Par contre, le grand avantage de cet appareil, c’est qu’il n’oblige pas les sujets à fixer des yeux l’écran d’un smartphone pour réaliser l’exercice (les écrans sont bien connus pour entraver l’endormissement).

Le sommeil connecté : nouvel eldorado du quantified-self

Resynchronisation de l’horloge interne et régulation des rythmes circadiens avec la luminothérapie, Sophrologie et relaxation avec les appareils comme Dodow ou les applications de cohérence cardiaque comme Respirelax : le marché du « bon sommeil » sait se montrer innovant lorsqu’il s’agit de trouver des solutions naturelles aux problèmes des mauvais dormeurs. Mais sur le plan du « quantified-self sleep » à proprement parler, les consommateurs trouveront également sur le marché de nombreux outils qui permettent d’évaluer, de quantifier et d’optimiser leur sommeil.

HugOne

Pour améliorer le sommeil de ses utilisateurs, le HugOne se dote de mini-capteurs, qui, disposé sous le matelas et dans l’environnement du dormeur, vont récolter une multitude d’informations précieuses. Température ambiante, qualité de l’air, taux d’humidité, mais aussi qualité globale du sommeil (possible grâce à l’analyse des différentes phases du sommeil) seront ensuite consultable par le dormeur via une application gratuite.

Le traitement et le recoupement de ces différentes données vont ensuite permettre à l’application de faire émerger des conseils personnalisés à destination de l’utilisateur. Ajustement de la température, définition d’une heure idéale de coucher, alarme qui sonne au moment propice : HugOne apporte à ses utilisateurs des solutions ultra-personnalisées pour optimiser le sommeil.

Withing Aura

A mi-chemin entre le HugOne et la luminothérapie, on trouve le Withing Aura : un appareil 100% quantified-self qui détecte, analyse et résout les problèmes. La marque a récemment cessé sa commercialisation mais on peut encore le dénicher en ligne sur les principales marketplaces. Grace à différents capteurs, le Withing Aura va collecter de nombreuses données. Il mesure en effet la température ambiante, le niveau sonore et la luminosité tout en établissant un véritable suivit du sommeil de l’utilisateur. Analyse des différentes phases du sommeil, durée totale du sommeil, temps d’endormissement mais aussi rythme cardiaque et réveils nocturnes sont ainsi captés et envoyés sur une application smartphone.

Cotés solutions, on n’est pas en reste : Conseils, alarmes intelligentes, ambiances lumineuse et sonores qui favorisent l’endormissement en boostant la production de mélatonine et réveil lumineux façon luminothérapie : le Withing Aura semble mettre toutes les chances du côté de l’utilisateur pour un sommeil plus performant et semble être à ce jour l’une des meilleures expressions de cette nouvelle vagues d’objets connectées et intelligents.

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