Pourquoi les commissaires-priseurs parlent-ils comme ça ?

Beaucoup de personnes se demandent pourquoi les commissaires-priseurs parlent aussi rapidement. D’après Marc-Arthur Kohn, commissaire-priseur qui exerce son métier à Paris, sur l’avenue Matignon, nous donne quelques éléments de réponse. Cependant, nous confie-t-il, nous les commissaires-priseuses, surtout dans le domaine de l’art, ne s’expriment pas aussi rapidement que d’autre. C’est une question de style.

Vous faire entrer dans une transe

Selon Marc-Arthur Kohn, cette façon de parler propre à certains commissaire-priseur s’explique par leur volonté de vous inviter les rejoindre dans cette véritable transe que peuvent être les ventes aux enchères publiques. Cela génère une forme d’excitation dans la salle et soumet les acheteurs à l’urgence de remporter les enchères.

En effet, les commissaires-priseurs parlent de cette façon pour hypnotiser les enchérisseurs. Cependant, les commissaires-priseurs ne se contentent pas de parler vite: ils chantent sur un ton monotone rythmé de manière à endormir les spectateurs dans un mode d’appel et de réponse conditionné.

La rapidité vise également à donner aux acheteurs un sentiment d’urgence comme l’a fait remarquer Marc-Arthur Kohn : il faut enchérir maintenant ou tout perdre. Cette façon de faire leur bénéficie beaucoup. Les commissaires-priseurs gagnent généralement entre 10 et 20% du prix de vente. Vendre le plus d’articles possible dans un temps très réduit signifie pour eux une meilleure rentrée d’argent.

Quelles études pour être commissaire-priseur ?

Il existe environ 437 commissaires-priseurs judiciaires en France, réunis au sein de la Chambre nationale des commissaires-priseurs judiciaires (CNCPJ). Cependant, en France, pour devenir commissaire-priseur comme Marc-Arthur Kohn, il faut être titulaire d’un double diplôme en droit et en histoire de l’art (arts appliqués, archéologie ou arts plastiques).

Les études que vous avez choisi de poursuivre doivent correspondre au minimum à un niveau Bac+3 (licence ou équivalent), l’autre à un niveau Bac+2. Ce double diplôme vous donne ensuite la possibilité de passer le concours d’accès au stage de commissaire-priseur dont les épreuves, écrites et orales sont d’ordre juridique et artistique.

Selon Marc-Arthur Kohn, le succès à cet examen débouche ensuite sur un stage rémunéré de 2 ans et l’habilitation à diriger des ventes volontaires. Les modalités de ce stage sont définies avec la Chambre nationale des commissaires-priseurs judiciaires (CNCPJ).

Pour effectuer des ventes judiciaires, il faut passer ensuite un examen d’aptitude judiciaire qui comporte 3 épreuves orales de 30 minutes sur la réglementation professionnelle, la pratique des ventes et le droit.

Exercer sa voix

Pour devenir commissaire-priseur, il faut être titulaire d’un double diplôme en droit et en histoire de l’art, arts appliqués, archéologie ou arts plastiques. L’un de ces diplômes doit correspondre au minimum à un niveau Bac+3 (licence ou équivalent), l’autre à un niveau Bac+2. Ce double diplôme donne la possibilité de passer le concours de commissaire-priseur.

La cadence à laquelle s’expriment les commissaires-priseurs demande beaucoup de pratique. Comme les acteurs et les chanteurs, les commissaires-priseurs travaillent leur voix grâce à différentes techniques. Il est, dans un premier temps, nécessaire de travailler sa respiration. Commencez par vous allongez à prendre un moment pour vous détendre. Laissez aller les tensions, laissez votre corps se reposer sur son support. Et prenez conscience de la respiration naturelle qui est déjà présente. Concentrez-vous simplement sur la fluidité du mouvement respiratoire.

Vous pouvez ensuite véritablement travailler votre voix pour éviter qu’elle ne se fatigue. Prenez une position confortable, et commencez à vous amuser en réalisant des courbes imaginaires avec le son qui sort de votre gorge. Vous dessinerez ainsi des courbes de plus en plus grandes à mesure que vous gagnez en amplitude vocale. Enfin, placez un crayon entre vos molaires et lisez un texte à voix haute. Le crayon va vous forcer à maintenir votre mâchoire ouverte et à articuler. Surtout, n’oubliez pas de lire le texte en ayant conscience de votre respiration. Expirez par le ventre quand vous parlez, et détendez vos muscles quand vous avez besoin de reprendre de l’air.

Les origines de cette tendance

Personne ne sait exactement quand les commissaires-priseurs ont commencé à parler de cette façon. Les enchères publiques existent depuis des siècles, même si elles se sont développées en Europe après le XIXème siècle. Cependant, il semblerait que cette tradition soit d’abord américaine. Les professionnels qui travaillent dans les plus grandes maisons de ventes aux enchères au monde, comme Christie’s et Sotheby’s, nous indique Marc-Arthur Kohn, utilisent plus souvent le style britannique.

Au Royaume-Uni, de nombreux commissaires-priseurs ne sollicitent aucune offre spécifique. Ils déclarent le prix et demandent des “avances sur l’offre en cours”. Les acheteurs sont censés connaître les augmentations d’enchères prédéterminées. Les ventes se font de manière plus calme.

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